Un peu de biologie pour les passionnés...

Les milieux aquatiques

On distingue deux types de milieux aquatiques : le milieu lotique pour les cours d'eau et le milieu lentique où le renouvellement des eaux est lent voire inexistant. Les milieux lentiques se classent en lacs, étang et mares. un lac se caractérise par une masse d'eau et généralement une profondeur importante et une grande partie de la surface libre de toute végétation. Dans un lac, on distingue deux types de zonation : horizontal (du bord vers le large) et une zonation thermique (de la surface vers la profondeur, où la lumière devient de plus en plus faible). 

L'étang a une profondeur et un rapport volume/surface faibles. Le recouvrement par la végétation y est important. 
Quant aux mares, ce sont de petits étangs.

Le schéma de la chaîne alimentaire est le suivant :

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Les marais

chaumiere.jpg (48118 octets) En Bretagne, ces maisons typiques ont un charme irrésistible

marais.jpg (41284 octets)    mangrove.jpg (71080 octets)     iris.jpg (54309 octets)

En Bretagne ou en Vendée, ou dans le marais poitevin, les paysages sont plus beaux les uns que les autres...

Cette beauté cache une grande diversité faunistique et floristique ainsi qu'une grande complexité de l'écosystème.

Je me propose de vous parler du milieu aquatique...

L'importance de la végétation aquatique et du nombre d'espèces animales est très variable.

Prenons l'exemple d'un étang...

L'étang

Du côté de la végétation...

L'étang comporte :

- des plantes des milieux humides telles que les joncs et les carex, des arbres tels que le frêne, l'aune ou le saule,

- des plantes semi-aquatiques, principalement le roseau (Phragmites) et le jonc des tonneliers (Scirpus), plantes à rhizomes et à longues tiges souples. Parfois les massettes abondent surtout les eaux bourbeuses. Cet ensemble est appelé roselière et présente l'aspect d'un fourré impénétrable abritant des nichées d'oiseaux et des frayères où viennent pondre les poissons. Si la roselière n'est pas trop dense, des iris jaunes, salicaires, renoncules à fleurs blanches, rubaniers sagittaire, plantain, prêles, etc. peuvent venir s'installer.- des plantes aquatiques enracinées, plus ou moins immergées. Le nymphéa et le nénuphar jaune possèdent des feuilles et la fleur flottantes, seuls le pédoncule et pétioles sont immergés. Les potamots sont généralement immergés. Le myriophylle, à l'aspect de chevelure verte, et l'élodée, aux feuilles ovales verticillées par trois sont entièrement immergées.

- des plantes flottantes. La plus typique est la lentille d'eau dont les rameaux plats, en forme de confettis verts, recouvrent parfois les mares d'un voile continu. L'hydrocharis a l'aspect d'un nénuphar. L'utriculaire est une plante carnivore dont les folioles sont transformés en organe de capture. Quant à la cératophylle, ou cornifle, elle flotte entre deux eaux.

 - le phytoplancton. Le plancton végétal est en fait constitué d'algues microscopiques et se trouve dans tous les étangs. Il constitue plus ou moins l'alimentation de la faune de l'étang. On distingue deux groupes d'algues constituant le phytoplancton : les desmidiées (algues vertes à coque cellulosique) et les diatomées (algues brunes à coque calcifiée).

 - les plantes aquatiques sont généralement des plantes vivaces, herbacées, aux tiges souples, au feuillage vert intense, au système radiculaire réduit ou absent. Les feuilles immergées sont souvent rubanées ou divisées en fines lanières.

 Du côté de la faune...

On peut différencier la faune aquatique en fonction de leur mode de déplacement.

Ainsi :

-          Les glisseurs de surface dont les plus communs sont les gerris, punaises au corps étroit portant vers l'avant un rostre court et deux pattes ravisseuses, et vers le milieu du corps 4 longues pattes locomotrices disposées en X. Ces dernières sont garnies de soies hydrofuges (imperméable) qui permettent à l'animal de prendre appui sur l'eau lors de ses déplacements. Les hydromètres, d'autres punaises, font de même. Les gyrins, ou tourniquets, sont de petits coléoptères, aux reflets d'acier, tournant à vive allure à la surface de l'eau.

le gerris, carnivore et prédateur de proies vivantes

-          Les nageurs à respiration aérienne. Les animaux de ce groupe doivent périodiquement remonter à la surface pour renouveler leur provision d'oxygène. C'est le cas des coléoptères (dytique) et les hémiptères (punaises d'eau telles que la notonecte, corise, naucore, nèpe et ranâtre) à l'état larvaire comme à l'état adulte. Ce sont des carnivores.

le dytique et sa larve qui respire grâce à un siphon, sont des carnassiers.

la nèpe est un carnassier qui vit surtout dans la boue ou dans la vase d'où dépasse le siphon respiratoire. la notonecte en train de respirer à la surface de l'eau. C'est un prédateur redoutable (piqueur-suceur) qui n'hésite pas à s'attaquer à des proies plus grosses qu'elle : petit poisson, têtard, insecte. la ranâtre est un carnivore

-          Les nageurs à respiration aquatique : poissons, larves de batraciens avant la métamorphose et tous les animaux planctoniques.

-          Les marcheurs et les rampants. Les larves de libellule, de phrygane, et de sialis marchent le plus souvent au fond de l'eau. il en est de même des écrevisses, des gammares et des aselles. Tous ces animaux ont une respiration aquatique. Les mollusques gastéropodes rampent sur les pierres ou sur les herbes. Certains sont pourvus de branchies et respirent sous l'eau (paludine) ; d'autres doivent remonter à la surface pour respirer (planorbe, limnée).

-          Les sédentaires : les mollusques lamellibranches, le chironome (ver de vase), le tubifex (ver authentique) restent enfouis dans la vase. L'hydre d'eau douce vit sur un support végétal et se déplace rarement.

le chironome, vit dans la vase ou les plantes aquatiques, type mousse

Les adaptations les plus remarquables et facile à observer concernent la locomotion, la respiration et parfois le mode de capture des proies.

le culex, cette larve est microphage. 
Les adultes sont piqueurs et respire par un siphon

la larve de la phrygane se loge dans un fourreau qui a une composition variable selon les espèces la larve de l'aeschne, qui adulte ressemble à une libellule, possède un masque qui se détend pour saisir les proies (cf. masque en extension sur la photo)

 La nage par réaction est exceptionnelle et n'est pratiquée qu'en cas de danger. Chez la larve d'aeschne, la contraction brutale du rectum rempli d'eau chasse l'animal vers l'avant.

Concernant la capture des proies, les bons nageurs chassent leurs proies à la poursuite. Certains d'entre eux sont pourvus de pattes ravisseuses comme la mante religieuse (nèpe, ranâtre). La larve du dytique saisit sa proie à l'aide de mandibules très développées. La larve d'aeschne chasse ses proies à l'affût grâce à son masque qui se déploie comme la langue de la grenouille pour saisir ses proies sans bouger son corps.